Le procès de Lubanga à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye marque un point tournant pour la justice internationale dans la lutte contre l’impunité. La situation des enfants soldats est devenue l’une des graves préoccupations de la communauté internationale.
En RDC, le problème des enfants soldats a été une préoccupation majeure pour le gouvernement congolais au cours de cette dernière décennie. La première loi nationale pour la protection des enfants vient juste d’être adoptée par le parlement en juin 2008.
Le procès Lubanga suscite des sentiments mixtes au Congo parmi les activistes des droits de l’homme et les communautés locales, y compris les enfants. Beaucoup reconnaissent que c’est une étape sans précédent, mais d’autres font remarquer que la paix n’est pas encore atteinte.
Il est clair que pour beaucoup, il reste encore du chemin à faire avant de retrouver la paix et ressentir la sécurité: les milices continuent d’opérer dans la partie est du pays, et d’après certaines informations, une centaine d’enfants sont recrutés par des groupes armés bien que Lubanga soit en procès.
Cela montre que les gens devraient avoir des attentes réalistes; l’indicateur clair de l’effet du procès de Lubanga est l’arrêt du recrutement des enfants par les parties en conflit en RDC. Mais, pourquoi les enfants risquent t-ils encore d’être recrutés en tant qu’enfants soldats dans l’est de la RDC?
Je pense qu’il y a plusieurs raisons qui l’expliquent:
1. Les gens ne font toujours pas de lien entre Lubanga et les crimes pour lesquels il est accusé d’avoir commis: la priorité est donnée à la sécurité par rapport à la justice. Les enfants en zones de guerre seront en risque.
2. Le manque de confiance en la CPI en étant qu’institution judiciaire indépendante: les gens continuent de voir la CPI comme une Cour occidentale, et que Lubanga est jugé en tant que bouc-émissaire — au moins selon quelques communautés en Ituri et au dehors de l’Ituri.
3. Le manque de capacité nationale pour incorporer les crimes de la CPI: même si la RDC a une loi protégeant les enfants contres les abus, les institutions nationales n’ont toujours pas la capacité de mener la lutte contre l’impunité.
4. Le climat politique est passif: il y a encore cette mentalité selon laquelle le pouvoir politique s’obtient par le pouvoir militaire.
Justifier les crimes pour lesquels Lubanga est arrêté reste un grand défi pour la sensibilisation de la Cour envers les populations locales. Le concept d’une hiérarchie de crimes reste dans les pensées des gens. Les gens n’ont pas encore ressenti l’impact de l’utilisation des enfants soldats; pour ce qui est de la sensibilisation de la Cour, ce qui doit être clair, c’est que l’impact va bien au-delà de celui sur l’enfant ou sa famille. Le devoir de protéger l’enfant n’est pas la seule responsabilité de sa famille ou celle de la communauté, c’est le devoir de toutes les personnes et les institutions, et c’est dans cette capacité que la CPI a un mandat.
Le procès Lubanga aurait du donner à tout enfant l’espoir que le changement viendra dans leur vie. Les activistes des droits de l’homme s’accorderaient à croire que le procès Lubanga est le résultat de l’engagement de la communauté internationale à entendre les voix des sans-voix dans leur appel à la justice, mais nous pouvons aussi être d’accord qu’il reste un long chemin à parcourir pour atteindre la paix. Pour les enfants, je pense qu’ils seraient aussi d’accord que la Cour pénale internationale leur a donné l’opportunité d’utiliser le pouvoir de leur histoire, le pouvoir de leur témoignage, et l’expérience à demander et obtenir justice.
Ceci n’est pas concret mais dans les quelques semaines ou mois à venir, ceci peut bien devenir une réalité.
Bukeni T. Waruzi est un réalisateur et un expert sur les enfants soldats
Coordinateur de Programme pour l’Afrique et le Moyen-Orient -WITNESS
Regardez ici le documentaire vidéo “Le Procès Lubanga à la CPI” co-produit par Open Society’s Justice Initiative et WITNESS visant à informer le public sur le procès.



















Les enfants, un avenir de l’humanité ne doivent plus servir comme enfants soldats vu les multiples problèmes auxquels ils font face.
Deux enfants soldat x et y m’ont raconté leurs problèmes quotidiens après leur sorti des mouvements.
X avait été enrôlé à 12 ans en abandonnant ses études en 5 ème année primaire. Il dit: quand j’étais dans le mouvement armé, j’assurais la garde de mon commandant avec d’autres enfants. Partout où il allait, j’étais avec lui et il m’estimait beaucoup car je travaillais bien. Je faisais tout ce qu’il me demandait sans avoir peur de perdre ma vie.Moi, je ne lui demandais rien(même un sous) sauf d’être à côté de lui et mener la guerre. Quand cette dernière a pris fin, mon commandant a chanté victoire et il a été intégré dans les forces armées gouvernementales. Mais, moi, on m’a dit de retourner à la maison car les enfants ne font pas le service militaire, chose qui m’a beaucoup étonné car dans le mouvement, au front, personne me l’a dit. Ils disaient seulement que les enfants ne meurent pas dans la guerre; même les grands tireurs ne peuvent pas le viser!
Ainsi, en apprenant que je ne pouvais pas être intégré les forces armées comme mon commandant, j’ai regretté mon temps perdu et ma vie gâchée, mes études abandonnées. Mon désespoir est accentué aussi par la stigmatisation dont je suis victime. Si on vole ici et là, tout le monde pointe du doigt sur moi. Il n’y a pas d’autres gens qui puissent commettre un crime si ce n’est qu’un ex-enfant soldat. En outre, je ne dors plus. Des rêves (sur des combats, des morts ou des cadavres auxquels j’ai assisté) m’empêchent de dormir.
Y, ex-fille soldat victime de viol et tombée enceinte raconte les mêmes malheurs. Après avoir été violée par des combattants, j’ai déserté. La grossesse allait me coûter la vie n’eût été un bienfaiteur qui m’a aidé jusqu’à l’enfantement. Celui-là m’a aussi aidé à rentrer dans la famille. Cette dernière ne m’a pas accepté et j’ai dû fuire la maison à cause de l’enfant né du viol. Je n’ai pas où aller et je pense au suicide.
Alors, qui est responsable des malheurs des enfants? Les Etats africains se sont engagés à res
(suite)Les Etats africains se sont engagés à respecter les droits des enfants à travers des Conventions signées. Ils sont également signataires des Statuts de Rome. Ont-ils signé quelque chose dont ils ne connaissaient lecontenu? Non! Les dirigeants de ce Berceau de l’Humanité n’ont pas encore pris conscience que, à moins qu’ils l’aient oublié, la dignité humaine est au-dessus de toutes les revendications et qu’en aucun cas, elle ne peut être mise en cause par des appétits de pouvoir. Le temps où le souverain avait le droit de vie et de mort sur ses sujets est révolu. Que chacun réponde de ses actes en justice et plus de place aux violences, à la terreur, à la dictature et à toutes ces barbaries humaines. Vive la CPI et ses actions de restaurer la dignité en Afrique. La CPI n’est pas raciste, pas africaniste, pas instrumentalisée par les Européens mais elle est humaniste. Que l’on pense plus aux victimes qui ont besoin plus de justice et de droits.
Que la justice règne en Afrique comme elle l’est chez les Occidentaux qui ont su fonder leur politique sur l’éthique des droits de l’homme! Il est grand temps d’imiter les bons exemples et dire plus jamais l’enrôlement des enfants dans les mouvements!!!
Je remets en cause la capacité de la Cour à prendre une décision sur cette question d’une manière appropriée à cause de la nature des mouvements civils — les enfants seront toujours impliqués. Ils seront toujours les soldats du fait que les parents de guerre perdent et ils deviennent des combattants et des cibles…ensuite vous pouvez poursuivre toutes les parties à la guerre…Etre impliqué dans ce type de rébellion est un crime qui serait éventuellement puni…On pourrait raisonner que les civils n’aient pas d’armes et ensuite les gens n’auraient plus la capacité de se protéger ou de changer les circonstances…mais oui je comprends la question des enfants qui ne connaissent rien d’autre que la guerre et qui grandissent faisant ce qu’ils savent faire.